L'Hindouisme est venu à Bali par le biais de commerçants indiens aux alentours du début de notre ère; mais l'histoire se mêle souvent à la légende, l’île aurait été physiquement séparée de java par un roi mécontent de la conduite de son fils qu'il aurait exile vers l'est, et qui aurait trace de son doigt une ligne afin de faire disparaître l'isthme qui reliait les deux terres.
Un portrait de Bali
Bali est dissymétrique sur deux points son climat tout d'abord; l’été est humide à cause de la mousson du nord ouest, mais la plaine côtière du nord a un hiver sec alors que le même hiver est humide au sud. Bali est également dissymétrique dans la mise en valeur agricole, la plaine du nord, présente une plus grande variété de cultures.
L'irrigation des rizières est conditionnée par la Subak, périmètre irrigue, à partir d'un barrage sur une rivière, avec comme base de calcul le Kesit, la plus petite unité de surface irriguée dans une même Subak. Cet ensemble est dirige par le Kelian Subak assiste d'employés,exempt de corvées (entretenir le réseau d'irrigation), il est charge de l’exécution des obligations religieuses (entretien des petits autels). Ceci étant codifie à l'occasion de réunions périodiques.
Les Balinais sont chacun membre d'un Banjar, organisation villageoise possédant une maison commune (balé banjar) où se tient la réunion mensuelle des chefs de famille. Ici, les décisions importantes seront prises: entretien des temples ou des écoles, service de sécurité en cas d’éruption volcanique, etc. L’exécution des décisions est confiée à cinq Kelian Banjar élus pour cinq ans. Banjar et Subak sont également de organisations religieuses avec leurs temples et autels consacres à diverses divinités.
L'Hindouisme à Bali
L'Hindouisme a été ajuste sur des éléments sociaux propres à l’île avec toutefois le culte d'un dieu suprême, Ida Sanghyang Widhi Wasa, se manifestant sous la forme d'une trinité, ou Trisakti, regroupant Wisnu, Siwa et Brahma. En dehors de cette trinite, les Balinais adorent diverses divinités des montagnes, de la mer et des rivières, mais aussi des dieux propres à chaque village, chaque maison, pour tous les aspects de la vie quotidienne.
Si les castes ne sont pas rigides, elles partagent tout de même ainsi la population :
Brahmana : Ida Bagus (hommes) ou Ida Ayu (femmes); seul un Brahmana
peut devenir un pedanda (prêtre)
Ksatriya : toute la génération des Monarques, de Princes
Wesya : la plus importante, I Gusti (hommes) et I Gusti Ayu (femmes)
groupant la petite noblesse
Sudra : Gusti (hommes) et Ni (femmes)
Les observances religieuses : en dehors de toutes les manifestations religieuses (partie intégrante du quotidien) qui ponctuent l’année on peut en citer deux principales : Nyepi, cérémonie annuelle ou l'on chasse les mauvais esprits, jour de recueillement et de jeune, la circulation est interdite, lors de la nouvelle lune du neuvième mois. La seconde manifestation est une fête d'action et de grâces en l'honneur de Dewi Sri (la déesse du riz) pour la prospérité de la terre. Il est difficile de fixer les dates de ces grandes fêtes balinaises car elles varient selon deux calendriers: l’année luni-solaire hindoue Saka qui comporte 12 mois de 29 ou 30 jours, qui détermine le nouvel an. Nyepi et l’année javano-balinais Wuku de 210 jours (6 périodes de 35 jours).
Une fois par an ont lieu le Odalan (jour anniversaire de la fondation de chaque temple), Galungan (séjour sur la terre des divinités), et Kuningan (dix jour après Galungan, purification aux sources de Pura Tirta Empul, Tampaksiring)
Les temples : que ce soit chez les famille les plus modestes et dans les villages, en bordure de mer, parmi les rizières, les cimetières, les marches, les plages, les grottes ou même les racines de banyan, les temples balinais garnis de fleur fraîches tours les matins, sont l'institution la plus importante de l’île et l'illustration la plus parfaite d'un esprit religieux toujours présent. On en compte plus de 10 000 de toutes sortes et de toutes formes. Le temple balinais possède deux ou trois grandes cours séparées par un mur bas, communiquant entre dans la première cour, candi bentar, par une porte fendue, ici avaient lieu les combats de coqs (ils sont officiellement interdits dans l’île depuis les années soixante dix).
On aborde la seconde cour par une porte couverte en forme de candi, comme paduraksa; là s’élève le bâtiment de réunion balé agung. Dans la troisième cour, se trouve le sanctuaire; on n'y trouve aucune statue de divinités car les dieux résident sur les sommets des volcan; parfois, un siège vide rappelle que la divinité en son honneur. Ici, se dressent les meru avec leurs toits de chaume en étage et en nombre impair (le maximum d’étages est onze pour Siwa; Brahma et Wisnu ont neuf étages)
A cote des meru s’élèvent de nombreux templions, niches d'offrandes, sanctuaires. Un lieu de sacrifices est dédié à Dewa Bagus Manca, dieu protecteur des cinq métiers : peinture du fer, travail du fer, du cuivre, de l'or et du bois.
La vie Balinaise : tous les grandes événements de la vie sont marques par des cérémonies religieuses. A la naissance, l'enfant tant désiré est béni par le pedanda. Il ne touchera le sol qu'au bout du troisième mois, et passera sa petite enfance dans les champs ou les rizières tout en vivant dans une communauté villageoise. Vers 7 ou 8 ans, il apprendra la danse ou la musique à l’école du village. Arrive à l'adolescence, il devra subir le image de ses six plus belles dents pour chasser les six péchés (paresse, indifférence, indécision, gout pour les biens matériels, plaisir de sens, gout du luxe) qui guettent les êtres humains. La fille des l'age de la puberté, recevra la bénédiction du prêtre. Puis vient le temps du mariage; la femme vivra dans la famille de son époux au sein de la communauté de ce dernier. C'est elle qui se rendra au temple pour y déposer les offrandes, tandis que son mari assurera sa part des travaux de la terre pour le compte d'un Subak (coopérative du village).
Le calendrier astrologique balinais est vendu peint sur papier ou sur toile, on l'appelle « palalintangan » avec de nombreuses divinités et animaux. Le mois javano-balinais comprend 35 jours; chaque jour de la semaine correspond à un arbre, un personnage, un oiseau, interprétés suivant les augures. dimanche; Indra, lundi; Sri, mardi; Brahma, mercredi; Wisnu, jeudi; Guru, vendredi ; Giriputri, samedi; Durga.